Le cours de la livre égyptienne a connu plusieurs dévaluations successives ces dernières années, et ce contexte monétaire change radicalement la façon de préparer son budget de voyage en Égypte. Savoir quand changer, où retirer et quel moyen de paiement privilégier permet d’économiser sur chaque transaction, du taxi au billet pour les pyramides de Gizeh.
Livre égyptienne et taux de change : une devise en mouvement permanent
La monnaie officielle de l’Égypte est la livre égyptienne, codée EGP. On la retrouve sous les symboles £E, E£ ou LE selon les commerces. Elle se divise en 100 piastres, mais ces petites unités servent surtout d’appoint sur les marchés locaux.
Le cours a connu plusieurs dévaluations successives depuis 2016. Le taux face à l’euro fluctue régulièrement, parfois d’une semaine à l’autre.
Avant de partir, vérifiez le taux en vigueur sur le site de votre banque ou sur un convertisseur fiable. Vous pouvez aussi en savoir plus sur Voyages Thématiques pour consulter un point complet sur la devise utilisée en Égypte et ses particularités.
Un détail pratique : refusez les billets déchirés qu’on vous remet. Les commerçants égyptiens les refuseront à leur tour, et vous resterez avec des coupures inutilisables. Les billets griffonnés, en revanche, circulent normalement. L’écriture sur les liasses fait partie des habitudes locales.

Retrait aux distributeurs en Égypte : frais cachés et plafonds variables
Vous trouverez des distributeurs automatiques (DAB) au Caire, à Louxor, à Hurghada et dans la plupart des zones touristiques. Visa et Mastercard sont les réseaux les mieux acceptés.
Le piège principal concerne les frais. Deux commissions se cumulent souvent : celle du distributeur égyptien et celle de votre banque française. Ces frais ne sont pas affichés de la même façon selon les machines.
Quel distributeur choisir pour limiter les frais
Les distributeurs situés dans une agence bancaire, un hôtel ou un centre commercial offrent plus de fiabilité que les appareils isolés en rue. En dehors des grandes villes, les DAB peuvent être hors service le week-end ou les jours fériés, voire manquer temporairement de liquidités.
Les plafonds de retrait varient selon trois facteurs :
- La banque égyptienne propriétaire du distributeur, qui fixe un montant maximal par opération (souvent limité à quelques milliers de livres)
- L’émetteur de votre carte (Visa, Mastercard), qui applique ses propres plafonds quotidiens à l’étranger
- Le type de carte utilisée : une carte de voyage sans frais de change (type Revolut ou Wise) réduit la commission bancaire, mais reste soumise au plafond local du DAB
Pour éviter les mauvaises surprises, privilégiez plusieurs petits retraits dans des agences bancaires plutôt qu’un seul gros retrait dans un distributeur isolé.
Payer en euros ou en livres égyptiennes : le choix qui change votre budget
Certains hôtels, restaurants touristiques et sites archéologiques affichent leurs prix en euros ou en dollars. Faut-il payer directement en devise étrangère ?
Payer en livres égyptiennes reste presque toujours plus avantageux. Quand un commerçant vous propose un prix en euros, il applique son propre taux de conversion, qui lui est favorable. La différence peut représenter plusieurs points de pourcentage sur chaque transaction.
La conversion dynamique au terminal de paiement
Lorsque vous réglez par carte bancaire, le terminal peut vous proposer de payer en euros plutôt qu’en EGP. Ce mécanisme s’appelle la conversion dynamique de devise (DCC). Refusez systématiquement et choisissez le paiement en monnaie locale. Le taux proposé par la DCC est nettement moins favorable que celui appliqué par votre banque.
La carte bancaire fonctionne dans les grands hôtels, les restaurants du Caire et les boutiques des zones touristiques. En dehors de ces lieux, le paiement par carte reste rare.

Argent liquide en Égypte : où le cash reste nécessaire
L’Égypte reste une économie très largement fondée sur le liquide. Les cartes bancaires ne couvrent qu’une fraction des transactions quotidiennes d’un voyageur.
Vous aurez besoin de billets en livres égyptiennes dans ces situations concrètes :
- Les taxis non connectés à une application, les tuk-tuks et les minibus locaux n’acceptent que le cash
- Les marchés (souks), les petits restaurants de rue et les échoppes de quartier fonctionnent exclusivement en espèces
- Les pourboires (bakchich) font partie du quotidien : bagagistes, guides, serveurs, gardiens de sites attendent quelques billets en livres
- Certains guichets de sites touristiques moins fréquentés ne disposent pas de terminal de paiement
La plupart des banques égyptiennes changent les euros au cours quasi officiel et sans commission. C’est souvent une meilleure option que le change à l’aéroport, où les taux sont moins compétitifs. Si vous arrivez un vendredi ou un samedi (week-end en Égypte), prévoyez un retrait au DAB de l’aéroport pour tenir jusqu’à la réouverture des agences.
Paiement mobile : une option émergente pour les résidents
Le système de paiement instantané InstaPay, lancé par la Banque centrale égyptienne en 2022, et les portefeuilles mobiles comme Vodafone Cash gagnent du terrain chez les commerçants égyptiens. Quelques petits commerces acceptent désormais ces transferts.
Cette évolution concerne surtout les résidents disposant d’un compte bancaire local. Pour un touriste étranger, ces solutions ne remplacent pas encore le cash ni la carte. Gardez-les en tête si vous séjournez longtemps, mais ne comptez pas dessus pour un voyage classique.
La meilleure stratégie pour un séjour en Égypte combine trois éléments : une réserve de liquide en livres égyptiennes changée en banque, une carte sans frais de change pour les hôtels et restaurants acceptant le paiement électronique, et de la petite monnaie en permanence pour les pourboires. Ce trio couvre la quasi-totalité des situations, du souk de Khan el-Khalili au check-in d’un resort sur la mer Rouge.



